La croix
Il arrive que les cases possibles d’un suspect dessinent un signe plus : les unes sur une ligne, les autres dans une colonne, et la ligne et la colonne se croisent en une seule case. Cette forme vous apprend quelque chose sur le point de rencontre, même si le suspect n’avait aucune chance de s’y tenir.
Où qu’il finisse, le suspect occupe soit cette ligne, soit cette colonne. S’il est sur la ligne, la ligne entière, point de rencontre compris, est fermée aux autres. S’il est dans la colonne, c’est la colonne entière qui leur est fermée — point de rencontre compris, là encore. Dans les deux cas, aucun autre n’y a sa place. Et si le suspect lui-même est exclu de cette case, tout le monde l’est : la case est morte pour toute la grille.
Quand la forme apparaît
La croix naît des indices d’objet plus que de tout autre. « Sur une chaise » cantonne un suspect aux chaises, et quand les chaises d’une pièce s’alignent le long d’une ligne et descendent une colonne — une table de salle à manger avec des places sur deux côtés, par exemple —, la forme est une croix. Il en va de même pour « à côté d’une fenêtre » dans une pièce d’angle dont les fenêtres occupent deux murs.
On la voit aussi à mesure qu’une affaire se dégage. Un suspect parti avec beaucoup de cases peut se retrouver réduit à deux bandes courtes qui se touchent en un point, sans que le texte de l’indice le laisse deviner. Pour tout suspect à qui il reste cinq ou six cases, il vaut la peine de vérifier si elles forment une croix.
Pourquoi elle est sûre
Celle-ci peut ressembler à un tour de passe-passe ; voyons donc pourquoi elle est toujours juste. Si quelqu’un d’autre se tenait au point de rencontre, il occuperait à la fois la ligne et la colonne. Or le suspect enfermé doit se trouver sur l’une de ces deux lignes. Deux personnes sur une même ligne, c’est précisément ce qu’interdit la première règle. Il n’existe aucune disposition où quelqu’un d’autre que le suspect occupe cette case — et s’il ne peut pas l’occuper lui-même, elle reste vide.
Un exemple résolu
Tiré de l’affaire Petite ferme, grand crime — 6×6, Moyen, Ferme.
| C1 | C2 | C3 | C4 | C5 | C6 | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| L1 | V | F | A | A | ||
| L2 | V | |||||
| L3 | P | F | C | |||
| L4 | F | C | F | |||
| L5 | P | F | Co | T | ||
| L6 | Co |
Les indices en jeu :
- Anna — Elle se trouvait à côté d'une poule
- Bella — Elle se trouvait sur une flaque de boue et elle était la seule personne dans une pièce avec une vache
- Carol — Elle était la seule personne dans une pièce avec un cochon
- Dalia — Elle se trouvait à côté d'un tas de gravats
- Edison — Il se trouvait à côté d'un arbre
Cette étape arrive avant que quiconque soit placé dans l’affaire : la lire ne vous livre donc pas la solution.
À l’étape 7 de la résolution, le raisonnement est le suivant :
Bella ne peut être que sur la ligne 1 ou dans la colonne 3 ; personne ne peut donc occuper leur intersection L1/C3 (pas une case pour Bella, bloquée pour tous les autres) — barrée.
Les affaires qui en ont besoin
30 des 142 affaires du dossier utilisent cette technique au moins une fois. Une sélection, de la plus petite grille à la plus grande :
- La Taupe — 6×6, Difficile, Commissariat et bureaux
- Meurtre en mineur — 6×6, Moyen, Maison familiale
- Petite ferme, grand crime — 6×6, Moyen, Ferme
- L'Extrême-Onction — 7×7, Difficile, Garage automobile
- L'Instinct animal — 7×7, Moyen, Ferme
- Meurtre au bloc — 7×7, Difficile, Hôpital
- Un plongeon de trop — 7×7, Moyen, Piscine et thermes
- Défense de nourrir — 8×8, Moyen, Zoo
- Des fruits à se damner — 8×8, Difficile, Supermarché
- Entre vieux amis — 8×8, Difficile, Camping
- Gare à l'ours — 8×8, Difficile, Camping
- Le Bonhomme de neige se tait — 8×8, Moyen, Station de ski
Autres techniques
- La dernière case
- Un seul y entre
- Lignes verrouillées
- Une case libre
- Des indices qui relient les personnes
- Qui d’autre était dans la pièce
- Seul avec la victime
- À côté du même objet
- Compter toute la scène